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Interlude

Publié le par Lionel Droitecour

La "mire" de la RTF, telle qu'en 1958, année de ma naissance ...

La "mire" de la RTF, telle qu'en 1958, année de ma naissance ...

Un prude interlude, donc.
Point de jeux de mots, point d'homonymie
ni de pataquès mais des rimes en miroir.
Un point sur mon état d'esprit, sans prix quant à les tas des points.

Tel un vaste miroir

Ne conviendrait-il pas, tiens, que je me lamente,
Que je pousse des cris tel un agonisant
Insultant le cancer, les cieux, les gémonies ?
Ou bien, rasséréné d’une œuvre tutélaire,

Que je traine à genoux, en un docte sanctuaire,
L’espoir immémorial des saintes harmonies ?
Je préfère chanter tout en ironisant
En l’oreille agacée de la muse charmante.

Il n’est, après la mort, aucune certitude,
Les marchands de contrats sont en fait des escrocs
Qu’ils vous vendent un dieu, la lune ou l’infini,
Ils ne craignent, vraiment, nulle réclamation.

Allons, de l’élégance en cette narration,
Une rime troussée, presqu’en catimini :
Si la camarde y vient, qu’elle y plante ses crocs,
Et puis je rejoindrai mon lit de solitude.

Car je la connais bien cette chienne perverse
Qui me lèche la main, déjà, depuis l’enfance
Et se couche à mes pieds, en mes chambres secrètes,
Pour y mener son train de silence et d’effroi.

Je loge, depuis lors, en son vaste beffroi,
Où les désillusions se tiennent toujours prêtes
Et mon doute épuré, pareil à une errance,
En mon virtuel cahier, continument, je verse.

Il se peut bien, ma foi, que cela se termine,
Où la douleur me tient est une extrémité,
C'est pas que je m'en fout, mais je n'y veux penser,
Non plus tendre le cou, expiatoire victime.

J'essaierai de danser jusqu'à l'instance ultime,
De pousser ma chanson, de rime cadencer,
Et puis l'on verra bien, de ce tissu mité,
S'il reste une ration pour quelqu'humble vermine.

Non, je ne ferai pas mon lit du désespoir
À quoi bon d'un désastre attiser l'horizon ?
S'il reste, en les clartés, une infime lueur,
Ce brandon suffira pour attendre la nuit.

Bannissons, pour l'instant, la tristesse et l'ennui,
L'élégie d'un sourire est comme une rumeur,
Que l'éphémère, ainsi, nous fasse une raison,
Le ciel est, après tout, tel un vaste miroir.

Lionel, 13 février 2016

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Avisferrum 14/02/2016 11:59

"S'il reste, en les clartés, une infime lueur,
Ce brandon suffira pour attendre la nuit."

Très beau texte, une belle déclaration à la vie et ... à la Camarde !

Concernant cette dernière tu sais déjà que nos ressentis divergent, pourtant nous l'avons tous deux déjà assidûment fréquentée, suffisamment du moins pour connaître son pouvoir absolu sur toutes choses de ce monde.

Ce pouvoir la place au dessus de tout vice, elle n'a nul besoin de cruauté ou de perversité, c'est nous qui lui attribuons ces caractères, la confondant avec notre souffrance.

Qu'elle reste encore longtemps éloignée de toi, cher Lionel, que ton combat soit victorieux et que ton amitié et ta lumière continuent de nous éclairer !

Bibifricotin 13/02/2016 23:25

Voilà la mire est mise...nul ami qui se lise, en ces heures indécises...
Alors là je dis NON !
Nulle mire est de mise, sur la chaîne « Amitié » : Camarades, la camarde, boutons là hors du cadre !
Et par nos mots, sans cesse, généreux et sans laisse, osons l'Espoir mirer !!!
Pensant très fort à toi, ami Lionel...

damiax 17/02/2016 13:00

Hey, en même temps Bibi, si y'a la mire sur l'écran, c'est qu'elle est encore allumée cette foutu vieille téloche barbue en noir et blanc de 1958 ... Elle est même pas en "veille" (ça existait pas à l'époque), elle est juste allumée quoi ... Et pas prête de s'éteindre ! C'est costaud ces vieux appareils là ... pas comme les actuelles merdes technologiques de l'air de l'obsolescence programmée !!!!