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Giboulée de mars

Publié le par Lionel Droitecour

Photo de Cathie Néri, voir son site indexé ci-dessous

Photo de Cathie Néri, voir son site indexé ci-dessous

Comme l’ondée qui bruisse

Dans la salle d’attente, et une fois encor,
Je m’en viens rapporter tous les maux de ce corps,
Certains qu’ici j’exhibe et d’autres que je cache,
‒ La camarde sait bien le dol qui me cravache.

Et je guette parmi cette étroite cohorte
D’humains qui me côtoient où l’espoir nous exhorte,
Celui qui va tantôt se lever à son tour :
Patienter, en ce lieu, est l’unique contour.

Réduits, impécunieux, à la dette de vivre
Nous ne voulons point voir l’huissier qui en délivre,
Et l’angoisse nous tient, en cette finitude,
Où le sort exaspère, ample, la solitude.

À soi, ‒ seulement soi, cette douleur exsangue
Et ce cri contenu qui perle sur la langue,
Dans le débours ardent de la parole crue
Qui s’effrange, soudain, imparfaite décrue.

Nous désignons au praticien membre ou organe,
Ce qui de nous dépare en ce réel insane,
Et, mendiants, nous tendons la débile sébile
Où s’exprime en la plainte une détresse vile.

Puis nous en retournons à peine soulagés,
De ces fragments de mots en instants partagés,
Libérés dans l’espace ‒ au moins un court moment,
Comme l’ondée qui bruisse, atone, au firmament.

Lionel, 28 mars 2015

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Avisferrum 28/03/2015 22:15

Je ne sais pas s'il t'arrive parfois devant un médecin de te dire soudain : "Mais pourquoi je raconte tout ça ?" sentant confusément que cet homme, malgré son savoir et ses compétences n'a pas vraiment la solution à tes soucis...
Moi ça m'arrive tout le temps, lorsque je narre mes bobos je me sens soudain comme le spectateur amusé des efforts de mon petit être terrestre à chercher de l'aide... terrestre !
Alors apparait en moi un sourire intérieur, quelque chose qui sait que tout ça n'est qu'un jeu, malgré la souffrance, le désarroi et la peur, une présence attentive et aimante qui exprime sans aucun mot et bien au delà des mots : "Tout est bien" ...

Nature Sereine 28/03/2015 18:22

Aucun problème pour l'emprunt de la photo. Cette ambiance morose de mars cadre bien avec le texte au demeurant. Je te souhaite beaucoup de courage pour cette lutte. Pour avoir cotoyé beaucoup d'amies lors de leur combat je sais à quel point c'est difficile. Bonne fin de soirée

Lionel Droitecour 28/03/2015 20:59

Merci,
Vos photos capturent l'essentiel de ce qui est à dire au delà des mots.
Fraternité, donc, dans ce dialogue silencieux...

Bibifricotin 28/03/2015 16:22

Tenter donc de rester Allegre... avant que de devenir tout à fait Barges !
Dans l'espoir que "le robot" me laissât passer, amitiés dans l'épreuve,

Lionel Droitecour 28/03/2015 20:53

Le robot ne te connait que si on en parle, et ce robot hâtif n'est roboratif. Robert à tif, coiffeur de son état ( et tas de graisse et non de grâce ) me le disait naguère :
Ce Bibi frit qu'au teint cotant autant qu'hautain fit cotte dans sa grotte.
Et marcher dans cette cavité porte chance, dit-on chez Didon ce dicton. Que ton thon, ton Taine ( Hippolyte ) et ton tronc naitrons.
Et avant de devenir barge autant que vous vous gondoliez, mon cher !