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D’un cancer l’autre

Publié le par Lionel Droitecour

Hommage aux mages pas très sages morts pour la Franche... rigolade

Hommage aux mages pas très sages morts pour la Franche... rigolade

Il faudrait une bonne fois pour toutes sortir du dualisme de l’âme et du corps. L’âme est le corps, et vice et versa (où le vice versa).

Le verso du berceau, en quelque sorte.

Mal du corps, mal à l’âme vague, et vague à l’âme, c’est tout un. Ainsi le cancer qu’on sert à toutes les sauces, au foie, au poumon, au rectum, sans factotum, de la peau, sans appeau, au bout d’un bout d’intestin, voire aux testicules : il ne recule devant rien. Eviter la panade en abandonnant ses gonades, choix cornélien du mâle, du mal atteint.

Mais le cancer de l’âme ?

Ça se soigne en quelle foire d’empoigne ? Cautérisation par la dérision, excision sans hésitation, ablation sans donation, lobotomie aux tomes mis ? Quelle méthode ? Les cathodes ? L’électro choque en l’an c’est phallus au gramme plat des mitrailleurs qui n’aiment pas les railleurs dont la cale, hache, n’y couve.

Le cancer de l’esprit de rédemption des couillons aux versets sataniques, ça te nique ? Le carcinome in nomine domini, le fongus dei des assassins fantassins qui se grisent d’église et font exemple des temples ? Les chieurs de long au long des gogues des synagogues ? Les marchands d’anathèmes en leur thèmes, leurs traînes et leurs thrènes ; marchands d’autodafés qui délivrent leurs livres au bûcher des idées, affidés des massacres autant que des sacres, comment on s’en guérit, de leurs guérites et de leurs rites ?

Du Deus Sabaoth* aux bruits de bottes il n’y qu’un pas

Celui qui a buté Cabu, a bu le calice de l’infraternité. La lie, baba, de ses quarante houris sans alibi répond à l’Amaury de jadis, confronté, dans l’ivresse au choix sans croix du bon grain et de l’ivraie : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » Le cancer de la connerie, sonnerie sans sonnaille aux morts considérés comme roupie de sansonnet, comment on s’en remet, sans rémission ni rédemption, sur les sentiers de la gloire et du croire sans y voir, voire, surtout, à ne pas se poser de questions ?
Une suggestion :

Tuez les dieux, tous s’en reconnaitront bien.

* Deus Sabaoth : dans le missel romain, c'est le dieu des armées. À désarmer d'urgence...

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Ironbird 17/01/2015 12:12

D'accord avec toi sur ce que sont devenues les religions terrestres, même si le terme "religion" ne devrait plus être utilisé pour nommer ces impostures morbides juste bonnes à conditionner et manipuler le troupeau...
L'affirmation "l'âme est le corps" me pose un peu plus de problèmes, si c'est le cas ça voudrait dire qu'à la mort du corps l'âme périra aussi, en termes clairs la môme Piaf aurait eu raison en chantant de fort belle manière "Padam, Padam" ! :-)
Qu'en penses-tu cher ami ?

Ironbird 26/01/2015 16:19

Hmm... Quand tu dis "je crois que nous achopperons toujours, toi et moi, sur ce « Pour moi... » lequel est la limite exacte de ce que je me refuse à franchir." je ne puis partager totalement cet avis, cher ami, car le simple fait de dire "je" sous-entend déjà ce "pour moi" ! :-)
Le fait de rajouter "pour moi" indique au contraire que l'auteur de la phrase souligne que son assertion n'est qu'une opinion, et non ce qu'il croit être une certitude, ceci dit je comprends qu'on ne soit pas obligé de préciser à chaque fois, ça deviendrait un peu répétitif ! :-)
Je trouve ton poème "Résurrection" magnifique, et tu ne seras pas étonné - me connaissant un peu - que c'est de loin la première version que je préfère, même si la seconde a des qualités indéniables... Je crois sincèrement que tu devrais partager les deux, le lecteur fera le choix de celle qui lui sied - on pourra faire un sondage ! :-)

"Imagine ta mort mère des lendemains…
Imagine, en l’éther, les astres incertains
Penchés sur ton destin comme sur un berceau
Et, dans l’obscurité effarante des cris,
Un chant impérissable aux éternels parvis,
Montant sur nos charniers comme un astre nouveau."

Que rajouter à ça, une fois de plus tu as réussi en quelques vers à résumer ce que j'ai laborieusement essayé de restituer en de lourds paragraphes, c'est le miracle de la poésie... et la certitude absolue - pour moi ! - que ton Âme existe et qu'elle brille de mille feux ! :-)

Lionel Droitecour 19/01/2015 07:20

Comme je travaille désormais à l'avance pour la publication de mes travaux d'écriture, le poème ci-dessus sera publié le 6 mai 2015 sur :
http://lesvieilleslettres.over-blog.com/
dans une version légèrement remaniée, dont je t'offre ici la primeur :

Résurrection

En la fraîcheur du soir, auprès du crépuscule,
Quand le soleil au loin s’enveloppe et recule
Vers un possible ailleurs, j’aime, en polyphonies,
Le silence et la nuit ; aussi ces agonies

Où l’âme se révèle, où le regard s’élève.
Imagine un instant que, peuplé d’un vain rêve,
L’au-delà nous ressemble et porte notre errance.
Imagine l’aurore habitée par l’enfance,

Imagine ta mort mère des lendemains…
Imagine, en l’éther, les astres incertains
Penchés sur ton destin comme sur un berceau

Et, dans l’obscurité effarante des cris,
Un chant impérissable aux éternels parvis,
Montant sur nos charniers comme un astre nouveau.

décembre 1998

Lionel Droitecour 18/01/2015 22:50

Ach ! Mon ami, je crois que nous achopperons toujours, toi et moi, sur ce « Pour moi... » lequel est la limite exacte de ce que je me refuse à franchir.
Au-delà (si j’ose dire...) notre ticket d’humain n’est plus valable ! Toute construction symbolique, y compris le savoir, la science, s’arrête au seuil du trépas. Ce qui suit n’est que phlogistique à nos yeux morts et cela ne nous concerne plus. Adieu Berthe, va jacter à l’est et qui mourra verra.
Mais comme le voyage est sans retour...
Néanmoins je te donne quitus, rêve ou pas, science ou pas, religion ou pas il est bon de se poser la question de l’outre soi. Tant qu’on n’en tire pas (à la Kalachnikov) de certitudes, on reste fréquentable.
Je m’étais figuré, naguère, que notre avenir posthume pourrait (et pourquoi pas ?) ressembler à ce que nous en avons rêvé de notre vivant. Une sorte d’onanisme intellectuel j’en conviens, et on ne peut plus gratuit, mais sommes toutes assez amusant. Et tant pis pour les gens sans imagination.
Cela avait donné le poème suivant. Il me paraît aujourd’hui assez imparfait, et puis je ne l’écrirai certainement plus en ces termes. Mais enfin, c’est le vestige d’une pensée en travail je te l’offre en toute simplicité, si boiteux qu’il soit, ce pauvre mendiant :

Résurrection

En la fraîcheur du soir, auprès du crépuscule,
Quand le soleil au loin s’enveloppe et recule
Vers un possible ailleurs, j’aime en l’obscurité,
Le silence et la nuit. Aussi ces agonies

Où l’âme se révèle et le regard se lève.
Imagine un instant que, peuplé de nos rêves,
L’au-delà nous ressemble et porte nos désirs.
Imagine l’aurore habitée par l’enfance,

Imagine ta mort mère des lendemains…
Imagine, en la nuit, les astres incertains
Penchés sur ton destin comme sur un berceau

Et, dans l’obscurité effrayante des cris
Un chant impérissable, en l’éternelle vie,
Montant, sur nos charniers, comme un astre nouveau.

Décembre 1998

Ironbird 18/01/2015 15:31

Ah... l'animalité ! Je crois bien que le grand défi de l'homme du futur sera de se libérer de cet héritage commun, qui doit en effet exister de par la nature de notre corps physique.
Mais l'homme n'est pas un animal un peu plus évolué, tu le prouves d'ailleurs assez bien en précisant que l'animal n'a pas le choix, il DOIT se nourrir, revendiquer un territoire ou un abri, se reproduire etc.
En l'homme rien de tel, si je veux je peux ne plus avoir de gite attitré, ne plus me reproduire, ne plus rien revendiquer, oui même ne plus me nourrir, certains humains y sont parvenus, ça s'appelle l'inédie et est pour l'instant encore controversé par la science "officielle" : http://fr.wikipedia.org/wiki/In%C3%A9die
Si nous sommes des animaux ou assimilés pourquoi ne pouvons nous pas nous intégrer dans le cycle de la nature comme tous nos "frères" ? Pourquoi tous ces problèmes existentiels, ces doutes, ces questions, ces aspirations à autre chose ?
La réponse est simple : parce que nous sommes PAS des animaux, notre essence est différente, même si de fait nous utilisons un corps de nature similaire.
Le Vedanta, une science spirituelle vieille de milliers d'années - je dis bien une science, pas une religion ! :-) nous éclaire à ce sujet (en condensé, je n'ai pas la prétention d'avoir tout compris) : l'homme est composé d'un "noyau" immortel (Atman) entouré de 5 corps, qui sont (du plus grossier au plus subtil) : le corps physique, le corps énergétique, le corps mental (et émotionnel), le corps d'intelligence et le corps causal, chacun de ces corps étant en liaison avec celui qui lui est immédiatement inférieur.
Nous avons le choix en tant que pure conscience d'habiter l'un ou l'autre de ces corps, mais pour ça il faut ne plus être "englué" dans nos corps les plus denses, et cela il faut le travailler, car nous sommes allés très loin dans la densification.
Nous pouvons ainsi suivre un cheminement en conscience :
- Je suis un corps physique. Est-il maigre, gros, beau, laid, souple, douloureux ? Quel qu'il soit, j'accepte.
- Je suis un corps de vitalité. Suis-je fatigué, malade, joyeux, déprimé ? Quoi qu'il en soit, j'accepte, sans réserves.
- je suis un corps mental. Mon mental envisage le monde en fonction de moi-même, l'égo : j'aime, je n'aime pas, c'est bien, pas bien. Le mental compare en permanence : je suis moins bien que l'un, mieux que l'autre... J'en prends conscience et accepte aussi ce mental, en sachant ; je ne suis pas cela.
- Je suis aussi l'intelligence pure, sans émotions. Juste un sentiment intense et joyeux de moi-même. Lorsque je me trouve dans ce corps la pensée s'arrête lorsqu'elle n'est pas utile, j'ai la liberté de faire ou ne pas faire, mes décisions seront toujours justes et non conditionnées.
Au-delà de ça je ne peux plus trop dire, n'y ayant eu que (très) rarement accès ! :-)
Tu me diras - et avec raison - que dire à un humain terrassé par la maladie, la douleur, la dépression "mais voyons, mon vieux, tu n'est pas cela" est ridicule - même si c'est dans ces moments extrêmes que le carcan peut céder et des mondes nouveaux s'ouvrir.
Car nous avons le choix, mais chez certains la matérialisation et l'identification au(x) corps le(s) plus dense(s) est allée si loin que ce choix n'est plus que théorique : il faudra d'immenses souffrances et prises de conscience pour remonter le courant vers la libération. D'ailleurs la plupart d'entre nous naviguons dans nos trois corps les plus denses et n'allons quasiment jamais plus loin. Pour y parvenir c'est du boulot, sauf prise de conscience immédiate et spectaculaire encore appelée "illumination", ça existe mais mieux vaut ne pas trop y compter, c'est comme espérer gagner au loto pour se sortir de la mouise !
Pour moi l'âme n'est pas un produit du corps, et certainement pas le produit de l'évolution d'une bactérie antédiluvienne frappée par la foudre comme nos "gardiens" essayent de nous le faire avaler pour nous castrer - spirituellement, s'entend !
Lorsque je reprends conscience de ce que je suis vraiment je fais le premier pas dans la bonne direction, comme le promeneur en Islande qui illustre ton beau poème "En attendant la fin de l'acte".
Le premier pas seulement, après commence le vrai parcours, avec toutes ses joies, ses peines, ses erreurs, ses doutes mais aussi ses moments d'intense plénitude et la certitude absolue que le chemin est déjà le but !
Au fond la vraie "religion" c'est ça : se relier à ce que nous sommes vraiment.

Lionel Droitecour 17/01/2015 14:13

L’âme EST le corps, certes, cela ne fait pour moi pas l’ombre d’un doute, en effet.
Encore faudrait-il s’entendre sur ce que l’on nomme par ce mot qui réduit à lui-même, ne signifie, finalement pas grand-chose. Tu noteras à cette occasion que c’est un terme que l’on retrouve fréquemment tout au long de ma poésie. Preuve que je n’ai pas fini de répondre à cette question ou, plus exactement de questionner les réponses qui se présentent.
Néanmoins s’il s’agit de notre conscience d’être au monde, je ne vois pas trop bien ce qui pourrait en subsister une fois que l’on est plus au monde. Et cet « être au monde » est justement étroitement borné par les limites de nos cinq sens, à supposer peut-être que puisse s’y ajouter la pensée, ou plutôt la cognition comme sixième sens. Mais rien qui permette transcender cette étrange construction de symboles et de représentations que constitue une personne humaine, échappé en quelque sorte du règne animal. Avec lequel, me semble-t-il nous partageons beaucoup de contraintes : la nécessité de se désaltérer, de se nourrir, d’habiter un territoire ou un terrier, de se reproduire, etc. ce qui rend l’espèce assez souvent grégaire, non ?
L’âme est une superstructure fabriquée par le langage, par la psyché, par l’interaction des êtres, par le hasard des rencontres et des sentiments, des chaos ou des heurts de l’existence, quelque fois de nos bonnes ou mauvaises fortunes.
Que veux-tu qu’il demeure de tout cela une foi que nous en sommes définitivement absents ? Quelques souvenirs dans la mémoire de ceux qui nous ont aimés (ou haïs), quelques phrases dans un livre, quelques vers peut-être, une fois que d’autres vers aurons fait leur œuvre de mastication.
Maintenant, si nous sommes faits de matière et d’énergie, la physique nous dit que nous sommes immortels.
Mais où donc, parmi ces amas de particules vibrionnantes donc la place, dans l’espace, n’est que probabilité à un moment donné, qui dépend uniquement du regardeur, lequel doit tout de même rester un peu vivant, tu en conviendras : les morts n’habitent pas le réel.
Non mon ami. Rêvons, pourquoi pas, d’un avenir céleste, mais gardons nous d’y croire. Cela nous préservera, peut-être, du fanatisme.