Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Tant de mercis à dire …

Publié le par Lionel Droitecour

Daniel Sorano de Bergerac

Daniel Sorano de Bergerac

Ils fourmillent  en moi,

si nombreux que je ne sais par lesquels commencer. Peut-être, d’abord aux anesthésistes, chirurgiens, internes, soignants et infirmières  qui ont déployés leur savoir faire pour que je sois encore présent à ce jour. Mais au-delà de leur compétence et leur science, je tiens à exprimer ici le sentiment que j’ai eu d’avoir été porté par un collectif humain chaleureux et dévoué.

Ensuite à mes amours, à mes affections, à mes amitiés ; à mes camarades, aussi. Certes, il ne manquait pas de poignes solides pour retenir, de toutes leur forces mon frêle esquif aux amarres du port hauturier.

Maintenant, bien sûr, vous désirez de mes nouvelles.

Il y aura demain une semaine que je suis descendu dans l’arène. La fleur au fusil, le cœur confiant, bravache, à la manière de Cyrano. Et ben j’ai pris une bonne branlée.

Je vais tenter de garder la tête haute, mais je sais déjà que ce ne fut qu’une première escarmouche et que la lutte sera longue et sans merci.

Est-il crevé, le fongus ?

Trop tôt pour le dire. Analyses et biopsies sont en cours et décideront tantôt des prochains engagements sur le théâtre d’opération. J’entends bien ne pas céder un seul pouce de terrain. Mais j’ai besoin de reconstituer mes forces. Votre précieux soutien restera mon indispensable réservoir d’abnégation. Je me sens un peu trop diminué, pour l’instant, pour recevoir vos visites et vous demande un peu de patience. Ce temps viendra.

Nous nous reverrons

Commenter cet article

Lilifée 09/07/2014 10:24

Réflexion sur notre condition humaine ....

Pascal affirme que l'homme est esprit et corps et ne saurait se réduire ni à l'un ni à l'autre. Ces deux entités interagissent. "L'homme n'est ni ange ni bête, mais le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête." nier le corps, loin de s'élever, c'est s'abaisser. Nier le spirituel, même résultat !
Viser l'harmonie entre ces deux dimensions, savoir la gérer, là réside précisément le difficile apprentissage du métier d'homme ; il faut toujours se dépasser, sans cesse aller au delà de soi-même, parfaire ce qui est déjà réalisé en soi. Le bonheur, s'il existe, s'oppose ainsi diamétralement à un confort quiet, tranquille, tiède. Il réclame une activité intense, une lutte sempiternelle ; il s'apparente à une plénitude désintéressée acquise dans un combat permanent ....

Et celui qui nous unit aujourd'hui, c'est de maintenir à niveau ce merveilleux réservoir d'abnégation. Compte sur moi ! Agissons en philosophes, avec amour, confiance et conscience !!!

Ironbird 09/07/2014 18:00

La réflexion me parait très juste, à chaque fois que j'ai essayé de jouer les "affranchis" et de nier - ou minimiser - mon corps, il s'est toujours rappelé à moi avec brio, comme s'il voulait me dire : "OK, pur esprit, essaye voir avec ça !"
Et il n'a jamais eu à aller trop loin pour me faire revenir à des préoccupations plus matérielles et... plus de modestie ! :-)
J'aime bien aussi la notion de "plénitude désintéressée", même si ma paresse naturelle me ferait remplacer le terme "combat permanent" par "vigilance permanente" ... mais le combat est très vrai et très juste aussi, ce blog en est un exemple touchant et plein de magnifiques leçons de vie.

Ironbird 08/07/2014 14:55

Quelle joie de retrouver ta plume familière et pourtant sans cesse changeante, mon ami, et surtout de savoir que tu as surmonté cette première bataille, éprouvé mais toujours combatif !
Ce que tu as vécu (et vis encore) nul ne peut sans doute l'imaginer, même ceux qui sont passés par des moments difficiles, car nul ne peut exactement se mettre dans la peau de l'autre, même de l'ami...
Mais je lis dans tes mots et sens intuitivement que des moments éprouvants sont derrière toi, d'autres sont sans doute encore à venir...
Alors même si pour l'instant je ne peux rien faire pour soulager ta peine je voudrais quand même t'envoyer plein de courage et de bonnes pensées, je suis persuadé que loin d'avoir "pris une branlée" tu es au contraire déjà victorieux, car l'esprit ne peut tout simplement pas perdre, même si parfois on se sent faible et misérable il y a en nous cette force immense et rayonnante, témoin immuable de toutes nos tribulations, qui sait que "l'heure la plus sombre est celle qui précède l'aurore" ...
Plein de pensées amicales,
le Glaude

Bibifricotin 08/07/2014 01:14

Ah, cher camarade et néanmoins ami ! Quel bonheur que de vous retrouver ici en Cher et en noces (celles de la fraternité et de l'Esprit), et qui plus est sous les auspices du grand Cyrano (et de l'inégalable Sorano)...
Que le succès de cette pièce au rôle-titre à 1600 vers (et ses 20 minutes d'applaudissements ininterrompus le soir de la générale, alors que Rostand en prédisait l' échec...), nous soit ici gage de votre triomphe sur la camarde !
Vous embrassant bien fraternellement (en toute virtualité malheureusement).